Géographie… chorégraphie !

Quand on se déplace beaucoup, la notion de géographie prend tout son sens. Le seul fait de passer constamment d’un lieu à un autre nous fait noter les particularités des paysages: plaines, chaînes de montagnes, volcans, vallées, rivières sinueuses, canyons… En Afrique, la cassure dans la croûte terrestre que l’on a appelée la Vallée du Rift m’a même inspiré un livre : Le Baiser du Lion. Les volcans du Pérou et le culte que leur vouaient les Incas ont alimenté un autre roman : Destins Croisés.
En voyage, j’observe les gens, leurs différences dans la couleur de la peau, leurs traits, et c’est d’une autre géographie qu’il s’agit. J’ai vu des Boliviens qui me rappelaient les Amérindiens de chez nous. Et c’est normal. Les grandes migrations qui ont peuplé l’Amérique se sont déplacées du nord au sud et du sud au nord.En voyage, on apprend par-ci par-là un mot d’une langue étrangère. Il y a des sons et des mots qui se ressemblent. On dit que les 6000 langues parlées sur terre proviendraient de seulement 300 langues mères : nous sommes sur le terrain de la géographie linguistique !
Un jour, au Guatemala, dans un village situé au bord du lac Atitlan, deux petites filles se sont jointes à nous pour dessiner. Spontanément, elles ont tracé le lac et les trois volcans qui l’entourent.
En Chine, j’ai suivi des cours de dessin à l’encre. Je devais représenter des arbres. Là aussi, instinctivement je peignais des arbres de chez nous et la professeure me reprenait, car elle voulait que je dessine les bambous que l’on retrouve chez eux.
Nous avons une géographie intérieure. Je suis originaire de l’Abitibi. C’est une grande plaine qui offre souvent une vue à 180°, comme dans les déserts ou sur le bord de la mer. C’est sans doute pourquoi je suis si attirée par ces lieux !
Par contre, ce que je connais moins me fait peur.
Un soir en Indonésie, nous soupions dehors, à quelques kilomètres du mont Merapi. Le volcan était en éruption. Pendant la journée, nous l’avions entendu gronder et faire quelques rots, mais à la noirceur… l’horreur ! Il exécutait une chorégraphie rougeâtre dans le ciel. On se serait cru au milieu d’un feu d’artifice. Et notre hôtesse, habituée aux caprices du dragon, persistait à l’ignorer:
— Encore un peu de riz, Élizabeth ?

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